Qui n’a entendu la complainte du créateur en herbe (qui probablement ne le sera
jamais) autour de la complexité des démarches administratives en France? Ces heures laborieuses que l’entrepreneur doit consacrer à la création et la gestion de sa société ? Sans parler des
charges sociales qui étouffent la création d’emploi ? L’Etat détruirait-il la compétitivité des entreprises françaises?
La réalité est autre.
En effet, il suffit de quelques euros pour créer sa propre structure et les modèles
de statuts standards sont disponibles sur Internet. Des structures proposent même de prendre en charge la création de votre société en quelques clics et pour une poignée
d’euros.
Concernant la gestion au fil de l’eau, la plupart des démarches administratives sont désormais
réalisables en ligne sur www.net-entreprise.fr.
Par ailleurs pléthores de logiciels très accessibles (financièrement et à utiliser)
permettent d’assurer la gestion administrative de votre activité au quotidien.
Enfin des cabinets comptables (ou experts) gèreront vos déclarations administratives,
comptables et fiscales pour environ 200 euros par mois. Ce choix est d’ailleurs le plus opportun car il libérera du temps pour vous investir davantage dans la prospection de nouveaux
clients.
De quelles difficultés parlons-nous donc?
Les charges sociales ?
Certes si la compétitivité de votre offre repose principalement sur une main d’œuvre bon marché, créer en France n’est pas opportun.
En revanche si votre valeur ajoutée est structurée autour d’une forte technicité
et/ou créativité, la France offre un réservoir de talents très compétitifs au niveau international. Notre bon vieux mamouth produit des employés et cadres de bons niveaux que bien des pays nous
envient (ou exfiltrent à leur profit).
D’ailleurs le propre du créateur d’entreprise n’est-il pas d’inventer un nouveau
service ou produit dans un contexte donné et contraint ?
Bref après avoir démystifié la complexité administrative en France, si votre idée ne
peut s’adapter au contexte social, changez de pays ou changez d’idée… ou restez salarié (et profitez dudit système).
Par Nikko
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Que la liberté soit à l’origine de la motivation des créateurs d’entreprise n’est
que tartufferie. La condition d’entrepreneur recouvre beaucoup plus d’obligations et de contraintes que celle de salarié. Pourquoi créer son entreprise alors ? Pour dépasser les frustrations
inhérentes au salariat.
En effet la condition de salarié repose sur deux réalités insupportables : la
soumission a priori à la hiérarchie (base du contrat de travail liant l’employé et l’employeur) et une rémunération nécessairement inférieure à la valeur ajoutée produite par le
salarié.
En effet si l’employeur devait rétribuer chacun à l’exacte hauteur de la valeur
générée par son travail, alors l’entreprise ne saurait dégager aucune marge opérationnelle et le système ne pourrait fonctionner.
Au delà les acteurs opérationnels de l’entreprise sont contraints de maximiser leur rentabilité pour financer les structures fonctionnelles et les investissements. Voir même les bons éléments
compensent de fait la sous productivité des moins performants. Ainsi le sentiment de frustration s’exacerbe.
Concernant la soumission a priori du salarié, cette contrainte peut être
acceptable dans le cadre d’une structure de taille réduite où l’autorité peut être incarnée et reconnue.
En revanche dans les groupes plus importants, cette autorité devient diffuse pour les cadres et finalement se matérialise à travers la dimension politique de l’entreprise. Celle-ci prend de telle
proportion, au fur et à mesure que l’on progresse dans la hiérarchie, qu’elle finit par entraver totalement la réalité de la fonction.
Un matin on découvre que notre investissement dans l’entreprise n’a plus de réalité concrète, on a perdu le sens de son travail.
Finalement, le seul moyen pour s’affranchir d’une hiérarchie diffuse et contre
productive tout en assurant une juste rétribution de son travail passe par la création de sa propre entreprise.
Par Nikko
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Publié dans : gestation
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La bonne vieille critique du capitalisme qui soudain refait surface à la lecture de « L’amant de Lady
Chatterley » de H G Lauwrence. L’actionnaire s’enrichit (via les dividendes) sur le dos du travail des employés qui ne font qu’assurer leur survie (grâce à leur
salaire).
Créer son entreprise revient finalement à mettre en place un système d’exploitation d’une main d’œuvre la
meilleure marchée possible en vue de maximiser le profit de son investissement initial.
Certains rétorqueront que ces dividendes versés représentent la prime de risque liée à l’investissement
initial.
Mais jusqu’à quel point cette prime de risque se justifie t elle ? Pourrait-on définir une rétribution
équitable de celui-ci au-delà de laquelle les dividendes devraient légalement être redistribués au travail ?
Par ailleurs lorsque la création d’une entreprise de service ne nécessite que quelques milliers d’euros et que
les pouvoirs publics assurent 18 mois d’indemnités chômage au créateur, quelle valeur recouvre ce risque ? Peut-on objectivement parler d’une prise de risque du créateur ? Et donc
comment justifier la prime si le risque est marginal ?
D’autres argueront que cette rémunération, potentiellement sans limite, est indispensable à la motivation du
créateur sans lequel l’emploi ne saurait se développer. Au-delà il permet la création de richesse nécessaire à la croissance de la société dont tous profitent.
Que la création d’entreprise permette une juste rétribution de la valeur apportée par l’entrepreneur est certain
mais est-il moralement concevable que celle-ci soit sans limite ? Surtout lorsque le créateur cède la responsabilité opérationnelle de son entreprise pour ce muer en actionnaire
passif ?
Vaste hypocrisie puisque le système capitaliste repose sur des fondements libéraux et qu’à ce titre
l’entrepreneur est libre de distribuer les résultats du travail à ceux qui le produise plutôt qu’aux actionnaires. L’Etat lui-même propose des outils de redistribution : Plan d’Epargne
Entreprise, participation aux résultats…
Distribuons donc !
Par Nikko
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Combien de collègues et connaissances, un peu incertains, m'ont déclaré: "ben moi je créerai bien mon
entreprise, mais le problème c'est que j'ai pas d'idée...".
Avoir une bonne idée, of course, condition sinequanun de la création d'entreprise?
Ou plutôt le petit doigt derrière lequel se cacher pour ne pas avoir à prendre de risque.
Car finalement la création d'entreprise c'est avant tout une prise de risque. Lacher une condition confortable de salarié pour se retrouver un matin, seul face à soi-même, devant un
ordinateur et un téléphone aphones. Passer d'un environnement structuré et structurant à la solitude et l'interrogation quotidienne. Sans parler du risque financier puisque la manne mensuelle,
confortable et aliénante, se tarit pour la laisser place à l'incertitude.
Bref un truc de fous pour des inconscients que l'on finira pourtant par envier avec leur liberté (?) gagnée et leur rémunération (parfois) indescente, sans parler de leur
jackpot (probable) à la sortie.
Il faut donc beaucoup d'inconscience pour se lancer dans la création d'entreprise et même probablement un brin d'arrogance pour croire que la réussite est au bout du chemin.
En fait je crois plutôt à la conjonction d'une disponibilité a priori associée à l'apparition d'une opprotunité: période de chomage suite à un licenciement, mobilité pour suivre un
conjoint... Aujourd'hui le système d'assurance chomage offre la possibilité de conserver ses indemnités tout en créant son entreprise. cette mesure pertinente permet ainsi d'éviter de se nourrir
de pates et riz tout en disposant de 18 mois pour financer sa rémunération.
Finalement la création d'entreprise est donc moins liée au courage personnel qu'à sa capacité de saisir une opportunité qui se présente.
Par Nikko
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